textes des étudiant·e·s de l'ensa limoges

JOUR 3: Zone de teuf zone de keuf

JOUR 3 : Zone de teuf zone de keuf
Aubervilliers -> Calais
De Paris ville monde à Calais monde vil.
Nous revoilà sur la route mais pas encore sur les rotules. Un lieu dit Le Channel, scène nationale, précise « entrez libre ». Nous nous y engouffrons avec hâte et curiosité. On touche du bois, on grimpe le belvédère et au loin, de tout en haut, on peut voir l’Angleterre, promise des exilé.e.s. Du haut de cette belle vue on pense à un certain idéal lettriste, celui du temps où des Lunaparks fleuriront dans les villes, sorte de cité où la communauté se retrouve autour de greffes architecturales et de jeux de lumières. Les portes d’entrée d’un des hangars est travesti en La création du monde, une peinture de J.Bosch, celle des panneaux couvrant le Jardin des délices.
On visite Calais mais c’est pas le zoo même s’il y a des grilles partout. D’hypocrites murs végétalisés ont été érigés par des anglais. Les plantes ornent mais le béton ferme. Il faudrait profiter de balades naturalistes, chaque promeneur serait muni d’un sécateur et se tromperait en coupant les grillages et les barbelés. Ces routes sont violentes a traverser. On est avec François, président de l’association L’auberge des migrants et on découvre l’organisation de l’immense entrepôt dans lequel les bénévoles s’activent à trier les dons, finir de faire la cuisine.. Le chef cuisto nous dit que 3000 oeufs ont été cuits pour le lendemain et nous annonce : « Puisque vous êtes des artistes, nous avons besoin de peintures d’oignons sur des panneaux de bois. » . Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’on ne fait que de la céramique. Nous le redirigeons vers une entreprise spécialisée. On nous dit que la Jungle a été un espace de liberté dans lequel des artistes et des architectes ont pu imaginer des lieux de cultes, des bibliothèques et autres lieux de vie…
On se dit qu’on doit traverser la rue et faire des choses avec et pour les migrant.e.s qui sont dans le bâtiment juste en face de l’école.
Au Channel, on retrouve Frédérique Joly, les cinquièmes année négocient déjà des postes d’assistant.e pyrotechnicien.ne pour l’année prochaine.
Le vent se lève. Nous rangeons les oeuvres du camion, replions les affiches, séchons les pinceaux, tandis qu’une exposition de dessin faits par les exilé.e.s traverse le ciel et se fait accueillir de l’autre côté de l’océan. Pas de papiers, mais des cartes postales comme fusées de détresse.
Ce soir c’est moule frite, tout le monde s’appelle crème brûlée, on s’fait passer le mot comme quoi «  chantale est une racaille qui gère les bails. », on trinque aux frontières, à leur fins comme à celle du verre. Pas un chat dans la ville, entre chaque coup de fourchette, les cowboys passent au ralenti, comme un paysan chercherait ses vaches.
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