textes d'élise girardot

Chronique d’un blason en voyage #11

Floryan Varennes

Floryan Varennes : Hiérarque, 2018. Technique mixte. 20 x 70 cm.

Bruxelles > Berlin

16.10.2018

Morne plaine. Cette nuit, nous avons fait halte à Waterloo. Des images de bains de sang et de grands fracas me viennent à l’esprit. Au centre du camion, sur le fond rouge de l’exposition, une forme allongée se déploie entre deux peintures. Est-ce un blason, un trophée de guerre ?

My my
At Waterloo Napoleon did surrender
Oh yeah
And I have met my destiny in quite a similar way
The history book on the shelf
Is always repeating itself
Waterloo I was defeated, you won the war
Waterloo promise to love you for ever more
Waterloo couldn’t escape if I wanted to
Waterloo knowing my fate is to be with you
Waterloo finally facing my Waterloo
My my
I tried to hold you back, but you were stronger
Oh yeah
And now it seems my only chance is giving up the fight
And how could I ever refuse
I feel like I win when I lose
Waterloo I was defeated, you won the war
Waterloo promise to love you for ever more
Waterloo couldn’t escape if I wanted to
Waterloo knowing my fate is to be with you
Oh, oh Waterloo finally facing my Waterloo
So how could I ever refuse
I feel like I win when I lose
Waterloo couldn’t escape if I wanted to
Waterloo knowing my fate is to be with you
Waterloo finally facing my Waterloo
Waterloo knowing my fate is to be with you
Oh, oh Waterloo finally facing my Waterloo
Waterloo knowing my fate is to be with you
*

Emballée dans son étui, la sculpture molle de Floryan Varennes s’extirpe délicatement de son écrin de papier bulle. La silhouette allongée, énigmatique et fragile est une pièce en tissu à la fois inédite et familière. L’oeuvre se révèle, minimale, légère et immédiate.

Hiérarque évoque la relation entre le col de veste et le pouvoir contenu dans ce motif. Aujourd’hui, les femmes de pouvoir arborent aussi les apparats classistes * * autrefois réservés aux hommes.

Par son économie de moyens, la sculpture catalyse un condensé de patriarcat et devient le trophée d’une masculinité hégémonique. Le vêtement fait corps, il rappelle à certains un masque guerrier, à d’autres un sexe de guerrier.e. En poésie, le blason est généralement l’éloge de la beauté corporelle mais peut également être un blâme ou une satire. Médiéviste né en 1988, Floryan Varennes étudie les enjeux du vêtement au Moyen-Âge. Par ce biais, il est l’un des rares artistes hommes de la scène française qui interroge aujourd’hui les masculinités. ***

Munis de nos œuvres d’art, le cœur vaillant et la monture fière, nous quittâmes les batailles de Waterloo, traversâmes le sud des Pays-Bas pour atteindre l’Allemagne. Bientôt, Berlin surgit, vaste et tranquille.


* Waterloo est une chanson du groupe ABBA, sortie en 1974. Il s’agit du premier single tiré de leur second album, également intitulé Waterloo.

** Le classisme est une discrimination fondée sur l’appartenance ou la non-appartenance à une classe sociale, souvent basée sur des critères économiques.

*** La masculinité hégémonique est un ensemble d’attributs, de comportements et de rôles associés aux garçons et aux hommes. En tant que construction sociale, la masculinité est à distinguer de la définition du sexe biologique masculin.

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