textes d'élise girardot

Chronique d’une manifestation en voyage #8

Katia Kameli

Katia Kameli : Untitled, 2011. Vidéo HD Betanum, 2min. 30s.

 

Calais

14.10.2018

Le soleil brille à la cime du belvédère. Nous contemplons un large panorama sur la ville. Il fait très chaud, l’endroit est accueillant. Sur la route, un aperçu furtif de la mer surgit puis disparaît aussi vite. Les campagnes verdoyantes côtoient les usines. Je n’étais jamais venue à Calais, comme la plupart d’entre nous.

Après avoir garé le camion au Channel, la scène nationale, nous remarquons l’architecture disparate du lieu. Patrick Bouchain y a travaillé avec d’autres architectes. Pour Clorinde Coranotto (l’auteure du projet d’art nOmad), Bouchain est un architecte de l’humain. Son leitmotiv est de construire autrement, afin que les gens s’emparent d’outils et construisent eux-mêmes leurs architectures pour devenir acteurs des lieux qu’ils habitent. Bouchain cherche à recréer des lieux de vie qui soient générateurs de lien. Ces principes résonnent avec le contexte, ici à Calais, à quelques mètres des tentes, de la peur et de l’incertitude quotidienne.

Clorinde est touchée par la vidéo de Katia Kameli, une image presque ritualisée où un petit groupe de femmes avance ensemble. Filmés de face, leurs corps multiples martèlent le sol. Le noyau s’enfonce dans la ville. La marche silencieuse façonne un seul corps, un bloc constitué de mouvements interconnectés. Rien ne viendra perturber cette marche déterminée et tranquille qui forme une présence à la ville à la fois subversive et apaisée. Chaque femme porte un panneau en carton. Aucun mot, aucune revendication n’est écrite sur ces pancartes, comme s’il revenait à nous, spectateurs de la scène, d’imaginer les mots qui viendraient recouvrir ces surfaces. Une certaine théâtralité émane de la scène. Les combattives s’enfoncent dans l’espace public, comme nous le faisons chaque jour avec art nOmad et notre camion rempli d’œuvres d’art. Nous sommes devenus une meute, sans nous connaître.

Katia Kameli réalise cette vidéo à Alger lors des manifestations du Printemps arabe. Elle évoque la situation des femmes, souvent invisibles dans un monde arabe en pleine révolution. Quelle est la place des femmes migrantes ici à Calais ?

Une petit fille participe à un atelier proposé par les étudiants de l’ENSA et s’empare d’une grande affiche de cinéma. Elle affuble Gérard Depardieu d’un noeud rouge et d’une grande chevelure noire. Les conversations  ponctuent notre après-midi. Plus tard, des adolescents d’un stage de cirque font une pyramide devant le camion, ils tentent d’incarner l’idée de Décoloniser les corps.

Nous rencontrons François de l’Auberge des migrants. Il nous fait visiter le site et nous explique comment l’Auberge s’organise, au rythme des repas à préparer pour des milliers de personnes, des activités des bénévoles pour récolter des fonds, du contrôle policier croissant et des CRS. François nous parle de la jungle démantelée à Calais : c’était un lieu de vie. Certains migrants arrivés en Angleterre évoquent aujourd’hui la jungle avec nostalgie.

Les sourcils froncés, François nous raconte le monde barbare dans lequel il a décidé d’agir.

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Chronique d’une étudiante en voyage #7

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Aubervilliers > Calais

14.10.2018

Élise Moreto est étudiante en deuxième année à l’ENSA, l’École des Beaux-Arts de Limoges. À la fin de la journée, elle enfile une paire de gants bleus en latex, se dirige à l’avant du camion d’art nOMad et décroche minutieusement le cadre qui accueille un dessin de Marine Fiquet et Laura Bottereau. Élise l’emballe, le protège et le sécurise. Chaque jour, avec délicatesse, elle réitère presque à l’identique ces gestes simples et mécaniques.

Les deux petites filles observées sur le dessin feront une pause cette nuit, avant de reprendre leur jeu incessant, dès le lendemain. Les traits tracés à l’encre de chine et au feutre iront bientôt se remémorer les émotions de la journée.

«

– Tu te rappelles de ce visiteur qui nous regardait à Aubervilliers avec son air interloqué ?
– Oui, on l’a scié je crois.
– Ah, et la fille brune aux cheveux bouclés, elle voulait grimper et jouer avec nous… 

»

Élise me raconte comment elle perçoit cette image qui l’interpelle, « mi-naïve, mi-monstrueuse, entre un dessin et une illustration ». Elle apprécie la simplicité de la technique et le potentiel narratif qui s’en dégage. Suspendue dans le temps, la scène est énigmatique. L’action flottante est dénuée de décor, de paysage, de visage. Deux filles sont reliées l’une à l’autre et à une cage à poules, ce jeu pour enfants que l’on peut gravir à l’infini. Je me souviens combien ces structures minimales nous semblaient immenses. Nous accourions vers les labyrinthes en volume, nous empressant d’imaginer une infinité de combinaisons possibles. Au cours de ces itinéraires à inventer, nos mouvement réfléchis tentaient d’appréhender les barres de fer qui nous permettaient de nous hisser et de nous glisser d’une case à l’autre.

On devine un baiser, échangé entre les deux filles. Les corps superposés n’en forment qu’un, comme si le baiser re-constituait un même ensemble. Deux rires sonores se répandent en éclats, ponctués par des bruits de bouches, de lèvres et langues entremêlées.

Les jupes noires portées par les deux personnages sont aussi universelles que ce jeu quadrillé. « La scène pourrait avoir lieu n’importe où et n’importe quand ». Élise me décrit la désacralisation qui s’opère pour les étudiants de l’ENSA lors de la Biennale art nOmad. La manipulation de l’œuvre, jour après jour, instaure une proximité avec celle-ci. La familiarité survient et s’installe entre Élise et les deux artistes Marine et Laura. Pourtant, elles ne se sont jamais rencontrées. L’exposition Décoloniser les corps, permettrait-elle aussi de décoloniser notre relation à l’œuvre d’art ?

Selon l’étudiante, les enfants, contraints et corrigés en permanence, reçoivent la répression la plus violente de la part de la société. Ils sont les premières cibles des principes normatifs inculqués à l’école ou en famille.

Le baiser dissimulé sous la jupe devient une fenêtre ouverte vers l’imaginaire et la liberté. Quel âge ont les deux personnages ? Deux petites filles s’embrassent-elles sur une aire de jeu ? S’agit-il vraiment de deux femmes ?

Dans le camion, une peinture accrochée tout près de là, sur la droite, observe le dessin de Marine Fiquet et Laura Bottereau. Amusée, la Blanche Neige barbue d’Edi Dubien contemple la scène.

 


Laura Bottereau et Marine Fiquet. « Le véritable endroit », 2018. Encre de chine et feutres du papier de pierre.

photo : Aurore Claverie

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Chronique d’une vidéo en voyage #6

Halida Boughriet

Halida Boughriet : Pandore, 2014. Vidéo HDV couleur, 8min. 44s.

 

Fort d’Aubervilliers

13.10.2018

Trois cœurs battent au rythme de grands ballons rouges qui rebondissent inlassablement. En apesanteur, les trois cosmonautes du réel lévitent.

Ce soir, au Fort d’Aubervilliers, d’autres enfants dansent dans un écran de télévision.

Le Fort est une ancienne fortification construite en 1843 afin de protéger la capitale ou mater des rébellions. Plus tard, dans les années 1920 et 1930, des expériences radioactives sont menées sur le site.

Samedi soir, les percussions d’une fanfare résonnent avec le son métallique de la vidéo d’Halida Boughriet. Portée par les mouvements ralentis des protagonistes, la fiction apparaît en filigranes dans le décor domestique et familier d’une chambre d’enfant. Le temps étiré révèle la décomposition des corps. Ensemble, ils forment un petit clan où chacun, cantonné à sa tâche, exécute une mystérieuse chorégraphie. Leurs mouvements fantomatiques confèrent à la scène une inquiétante étrangeté.

Bien qu’une dépollution ait été amorcée en 1999, les cas de cancers se multiplient autour du Fort. Au cœur de la zone radioactive, les enfants sont enfermés dans un espace-temps suspendu. L’écho de la vidéo rappelle la sonorité des fonds marins. Dans cet aquarium humain, l’atmosphère devient étouffante, assourdissante. Une menace rôde, invisible pour l’heure. La présence traverse l’image et chuchote quelques mots à l’oreille des enfants. Qui dirige cette mise en scène ? D’où va bientôt surgir le danger qui les guette ?

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Chronique d’une chamane en voyage #5

Myriam Mechita

Myriam Mechita : The Witch of Love, 2017. Crayon sur papier, 51 x 66 cm.

 

Bourges > Fort d’Aubervilliers

13.10.2018

Le terme  » chamane  » ou  » chaman  » daterait du XVIIe siècle. Saman est un mot issu de la langue evenki * qui signifie « danser, bondir, remuer, s’agiter ». Comment agiter aujourd’hui les normes de genre ?

Nous sortons du Marché de la Halle au Blé les yeux bouffis de fatigue et l’esprit repu de souvenirs. Il est midi. Nous partons avec des offrandes : une tapisserie et quelques baguettes de pain. De Bourges à Paris, l’odeur du pain envahit l’arrière de la voiture.

L’exposition poursuit sa route, jusqu’au Festival  » Villes des musiques du monde  » qui nous accueille ce soir au Fort d’Aubervilliers. Nous retrouvons à nouveau l’espace public, comme ce matin au Marché de Bourges. Ici, d’autres odeurs vont bientôt nous habiter. Après avoir emprunté le périphérique puis un grand boulevard, le calme revient, inattendu. Nous contemplons un paysage naturel et industriel, une zone en friche. La lumière rasante est traversée de nuances rouges orangées.

Les œuvres de l’exposition  » Décoloniser les corps  » se couvrent d’un nouvel habit, elles scintillent dans la lumière automnale. Un orchestre se prépare, des instruments construits à partir de fûts de pétrole donnent le ton de la soirée, cap vers les îles. Les musiciens s’accordent, l’agitation s’accroît, on entend au loin le grondement d’une fanfare qui s’approche. Soudain, deux gigantesques marionnettes surgissent et la foule dansante avance joyeusement vers nous. Je suis propulsée en plein carnaval de Rio, au milieu du blocos afro-cubain où je me trouvais au mois de février dernier.

Le présent me rappelle à lui. De nombreux enfants, curieux, arrivent rapidement près du camion, ébahis, interloqués, parfois gênés voire scandalisés : ça, c’est de l’anti-féminisme, Madame ! Décoloniser les corps, délier les langues, libérer une parole à propos des normes de genre, telle est la lutte qui nous anime. Des correspondances s’opèrent, des couches de sens se superposent : la décolonisation des corps se matérialiserait-elle par le dialogue entre la musique, les marionnettes transgenre et les œuvres de l’exposition ?

Quelque part au coeur de ce fourmillement, une présence silencieuse se dresse dans le camion. Accroché en hauteur, le portrait d’une jeune fille regarde en biais, dans le vide ou peut-être en direction de la lumière dorée d’Aubervilliers. La longue chevelure de la guerrière est dense, éparpillée. Elle recouvre ses épaules et s’arrête par une frange droite, juste au dessus du regard encadré par une large traînée noire. Sa peau est tatouée de peintures guerrières, les mêmes que ceux de la grand-mère de l’artiste. De larges traits traversent sa bouche de part en part. Cette sorcière aux lèvres cousues semble veiller sur nous. Force et fragilité animent le trait du crayon de Myriam Mechita, une artiste née en 1974. Le regard de la jeune chamane est tranquille, dirigé vers le lointain. Son corps puissant nous protège, sa magie nous rassure.

 


* L’evenki est une langue originaire de Mongolie intérieure, parlée en Chine, Mongolie et Russie. Ses locuteurs font partie de la nationalité evenk.

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Chronique d’une conversation en voyage #4

Esther Ferrer

Esther Ferrer : Les choses. Retirage d’une photographie issue de la performance éponyme 
au Lieu Festival à Québec (Canada) en 1990. 24 x 18cm.

Marché de la Halle au Blé, Bourges

13.10.2018

 » – La décolonisation des corps c’est vraiment une question de ouf .
On colonise des territoires, pas des corps.  » 

Samedi matin, il est 7h au Marché de Bourges. Cinq garçons, quelques bouteilles (de blanc), des saucissons et des chansons paillardes.

Quelles sont ces formes de masculinités qui sifflent sur nos têtes ?

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Chronique d’une performance en transition * #2

Edi Dubien

Edi Dubien : Transition à la campagne, 2018. Crayon et aquarelle sur papier, 21 x 29,7 cm. Galerie Alain Gutharc.

Arnac-la-Poste > Bourges

12.10.2018

J’ai toujours été déterminé par une lutte. Ce soir, un autre oiseau migrateur se pose à Bourges, à l’Antre Peaux, face au centre d’art Transpalette. Au cœur de la ville fortifiée, le guerrier ailé résiste à un monde en mal d’amour.

La Biennale itinérante art nOmad fait graviter des œuvres, des personnes et des performances. Edi rythme la phrase saccadée, hésitante, incarnée. La nature, c’est ma prise électrique. Sous la table, les pieds et les genoux dansent, les talons se hissent. Les paumes tiédissent, les membres se raidissent.  » Transition à la campagne  » est le titre d’une conférence imaginée par l’artiste Edi Dubien pour la Biennale art nOmad. Cette forme de transmission immédiate et publique passe d’un état à l’autre et glisse progressivement vers une conférence performée. Edi jette des coups d’œil furtifs vers son public. Nous ne faisons qu’un ce soir, notre écoute épouse la voix d’Edi. Je l’appelle par son prénom, car j’ai la sensation qu’on se connaît déjà, tant son histoire résonne avec quelque chose d’universel. Les genoux freinent la cadence puis se posent, au rythme de la voix qui coule et déroule son récit autobiographique. Le narrateur nous sidère et nous emporte. De larges sourires surgissent et ponctuent les rangs de l’auditoire. Un silence monacal envahit la salle, parsemée de flux d’émotions puissantes qui passent d’un corps à l’autre, de Pascal à Clorinde, Camille, Julie, Eric, Madeleine, Arnaud, Chantal, Antoine, Julien, Aurélie et bien d’autres encore. Edi nous transforme en multi-prise. Notre énergie est émotive. Qui a dit qu’on ne pleure jamais pendant une conférence d’art contemporain ?

L’artiste fait défiler les images de ses œuvres projetées au mur. En 1988, il aborde pour la première fois, en peinture, la transexualité. Je pianote ces mots sur la clavier de ma tablette. Le terme  » transexualité  » n’est pas répertorié, il apparaît en rouge à l’écran. C’est le même rouge qui recouvre l’intérieur du camion de la Biennale art nOmad. Ce fond monochrome accueille les œuvres de l’exposition  » Décoloniser les corps « . La voix grave d’Edi poursuit le récit de son épopée. Il passe ses vacances chez sa grand-mère, en Auvergne. Il a 7 ans. Devant la maison, les enfants et les animaux se retrouvent autour de la fontaine. Le ciel et les étoiles étaient notre toit. Edi y trouvait refuge. À son arrivée depuis Paris, il re-découvrait avec bonheur les routes enlacées, saluait les animaux et les plantes. Il s’échappait de l’enfer des humiliations quotidiennes, dans un monde hostile à la nature et aux différences de genre. En Auvergne, il est tantôt homme-animal, tantôt homme-végétal et tout cela à la fois. Il devient l’enfant sauvage de Truffaut.

Par la transformation, Edi Dubien choisit de donner un sens à la fragilité, d’en faire une force. La métamorphose perpétuelle, multiple et infinie que la nature opère est un exemple de résistance. Dans la nature, l’ordre des choses n’est pas celui de la société. Plus tard, il investit, lui aussi, une camionnette. Il décide d’en faire son atelier roulant, sa porte de sortie à l’enfermement. Il s’installe sur les marchés et montre la série de peintures  » Serial Identity « , dans le XVe arrondissement de Paris, le quartier où il a grandit – dans son autre vie -. Des autoportraits habitent le camion d’Edi, des présences humaines, animales, végétales . De grandes spirales tracées à la tronçonneuse soulignent la brutalité de la transition. Ses premiers collectionneurs ne savaient pas qu’ils achetaient une œuvre sur la transition * d’un homme trans. Un tableau qui parle de transition et qui plaît à autant de monde, c’est tout de même étrange. Les tableaux sont libres, comme des courants d’air.

À force, la rue vous assomme et vous broie sans état d’âme. Paradoxalement, plus Edi avance, plus il est le fantôme de lui-même. Puis, enfin, il se relève. Il ajuste son travail avec la pratique du dessin qui devient la solution pour exprimer les sensations de façon détaillée et multiple, pour explorer son être jusqu’aux profondeurs de l’intime. Il ne lâche rien, n’a de cesse de confronter son bourreau au crime perpétué, aux cris des enfants que beaucoup refusent d’entendre. Edi parle, écrit, dessine, peint, sculpte la mémoire des plantes, des bêtes et des enfants. Les images construites comme des phrases sont des pensées vives, des remparts à l’obscurantisme.

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* La transition est le processus de changement du rôle de genre de façon permanente en accord avec l’idée de ce que signifie être un homme ou une femme, ou genderqueer, ou…

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Chronique d’une œuvre en voyage #1

Kubra Khademi

Kubra Khademi : Les mauvaises filles, 2018. Peinture sur papier, 65 x 50 cm.

Arnac-la-Poste > Bourges

12.10.2018

La ville de Bourges est située à la confluence de plusieurs rivières. L’afflux de ces courants explique la présence d’une surface marécageuse étendue, au pied de la cité médiévale autrefois fortifiée. Aujourd’hui, un lac artificiel accueille en son sein une myriade d’espèces d’oiseaux migrateurs.

Au milieu des œuvres déployées de part et d’autre du camion de la Biennale art nOmad, onze silhouettes aux allures enfantines habitent la peinture de Kubra Khademi. L’artiste, née en 1989 en Afghanistan, anime un théâtre domestique où les femmes sont seules et ensemble, dans un même mouvement. Elles rythment le dessin, formulent des gestes, des secrets, des interdits dissimulés sous le grand tapis qui couvre la surface du sol. Déclinant une chorégraphie dont on ignore la partition,  » Les mauvaises filles  » observent amusées les visiteurs qui tournent autour du camion coloré.

Une fenêtre entr’ouverte annonce l’évasion rêvée, ou envisagée. En 2015, après avoir joué le morceau  » Armor « , Kubra Khademi a du fuir l’Afghanistan, la fatwa et les menaces qui pèsent sur elle. Cette peinture esquisse un espace de liberté, où les corps s’envolent, en migration eux-aussi, multipliant les expressions de genre. *

 

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* L’expression de genre d’une personne correspond à sa façon d’utiliser divers codes sociaux (vêtements, attitude, langage) et corporels (corporalité, prise d’hormones, opérations…) attribués à un genre particulier.

 

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